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Les scénarios envisagés pour le devenir du site Cap 44 – Les Grands Moulins de Loire, retour sur la conférence du 22 mars 2018.

Dans le contexte global de l’aménagement urbain du Bas-Chantenay, le site Cap 44-Grands Moulins de Loire fait aujourd’hui l’objet d’une concertation citoyenne. Le 22 mars 2018, Bernard Reichen, urbaniste du projet urbain, Bernard Vaudeville, directeur Associé de T/E/S/S atelier d’ingénierie et Loïc Mareschal, du Cabinet Phytolab et paysagiste du projet, ont présenté les 3 scénarios possibles lors d’une première conférence à l’ensa en présence des élus Alain Robert et Olivier Château.

Cap 44, c’est quoi ?

Situé en bord de Loire, boulevard Marcel-Sembat, dans le bas-Chantenay, ce grand bâtiment de 63 mètres de long, 25 mètres de haut et 24 mètres de profondeur offre des plateaux de 1400 m², pour une surface globale de 8000 m².  Avant d’être Cap 44, immeuble de bureaux des années 1970, le site abritait les Grands Moulins de Nantes. Construit en 1895, il est le premier bâtiment au monde à être édifié en béton armé, selon le procédé Hennebique. Un procédé « révolutionnaire » à l’époque, qui permettait de bâtir, non pas par assemblage mais de manière monolithique, sans joints. La structure reste d’une grande finesse, tout en portant des charges importantes et s’adaptant aux usages industriels (salle des machines, silos…). Le matériau est également un béton  « à l’épreuve du feu », comme l’indique son logo. Souvent décrié par son aspect (aujourd’hui recouvert de métal bleu) et son emplacement qui masque la vue sur la Loire, Cap 44, de par son histoire, mérite une réflexion argumentée quand à son avenir. Situé face au futur Arbre aux hérons, il est regardé avec d’autant plus d’attention.

Les trois hypothèses envisagées : préservation de la volumétrie, démolition ou transformation du site ?

Le quartier du Bas-Chantenay, marqué par un riche passé industriel, est en pleine mutation. L’immeuble Cap 44 s’inscrit dans cette histoire, formant une sorte de trait d’union entre la carrière Misery – où va s’installer l’Arbre aux hérons et son jardin extraordinaire – la Loire et le quartier.

Alors que les travaux de création du Jardin entourant l’Arbre aux hérons vont démarrer en 2019, sur sa partie ouest, trois hypothèses sont proposées au débat citoyen, autour de Cap 44 : la préservation de la volumétrie du bâtiment, sa démolition ou sa transformation.

Pour étudier ces trois options, Johanna Rolland, Maire de Nantes, a souhaité que soit mise en place une concertation citoyenne. Une commission citoyenne du débat, composée de 12 personnes volontaires, va synthétiser les contributions d’experts et de citoyens, recueillies via les ateliers, les temps d’échanges publiques et sur le site Nantes & Co. L’analyse et la synthèse de toute cette matière permettra d’élaborer un avis citoyen, qui sera remis aux élus d’ici l’été.

Option 1 : préserver la volumétrie du bâtiment

D’un point de vue historique et patrimonial, l’immeuble Cap 44 présente l’intérêt d’être l’un des rares témoins du procédé Hennebique, à l’époque du développement du béton, dans les années 1850. Construit sur six niveaux et conçu pour la production de farine, le bâtiment présente une architecture offrant des perspectives sous différentes hauteurs et formes, selon que l’on se trouve dans la salle des machines, sous les halles de stockage ou dans la rue couverte au rez-de-chaussée. Dans l’hypothèse de la conservation totale du bâtiment, l’idée est de le découvrir de sa « peau » métallique et de préserver certains éléments patrimoniaux, avec notamment la réalisation d’un «étage Hennebique », faisant apparaître une structure libre de tous les rajouts postérieurs à sa création. Au-dessus de cet « étage Hennebique », une immense terrasse ouverte sur la Loire pourrait offrir  au public un panorama unique sur le fleuve. La structure ajourée et vitrée par endroits du bâtiment donnerait un sentiment de transparence. La rue couverte du rez-de-chaussée, associée à la salle voûtée, apporterait un volume inédit pour un espace exceptionnel. Reste à définir les usages possibles d’un tel site.

Option 2 : démolir le bâtiment

Si l’on considère Cap 44 comme un masque pour le paysage environnant, l’option de la démolition permet de résoudre cette contrainte. Il a déjà été acté que les deux bâtiments voisins, le parking en silo, à l’Ouest et le hangar 13, côté Est, seront supprimés. L’hypothèse de la démolition de Cap 44 va à l’encontre de la préservation patrimoniale d’un élément à forte identité architecturale. Mais elle propose une vision différente, celle de la prise en compte d’un patrimoine  géographique non moins remarquable. Dégager la vue sur la Loire permet de voir le socle rocheux, l’Arbre aux Hérons, le jardin qui l’entoure et le fleuve. Depuis la carrière, ou sur les belvédères aménagés en hauteur, le paysage est fluide, ouvert sur la grue grise, la pointe de l’île de Nantes, Trentemoult. « Le ciel, la Loire, la terre, c’est un bon début pour faire un jardin. La suppression du bâtiment lui donne plus de fluidité », observe Loïc Maréschal, le paysagiste du projet. Ce à quoi Bernard Reichen, l’urbaniste, répond : « Toute notre histoire industrielle est basée sur le béton, qui a pris le pas sur le métal. Effacer le béton comme quelque chose qu’on n’aurait pas voulu faire ne va pas dans le sens de l’Histoire

Option 3 : Transformer le bâtiment

Pour cette troisième hypothèse, hybride en quelque sorte, il s’agirait de préserver en partie la volumétrie de l’immeuble Cap 44, dans la même logique que celle de la conservation intégrale. La « peau métallique » est supprimée et l’on met à jour la structure en béton originelle, avec une logique de transparence et en préservant la « façade noble », celle de l’entrée sur Nantes. Le bâtiment est en partie écrêté sur la partie Est (suppression de deux à trois niveaux), ce qui ouvre la perspective sur la Loire. Le volume de la partie ouest est intégralement conservé. L’étage Hennebique se situe, dans cette option, au premier niveau. On aurait ainsi un plateau de 1000 m², une  surface globale 3 à 4000 m². La rue couverte, préservée, pourrait devenir un espace d’accueil et d’échanges avec le réseau de transports publics (bus, navette fluviale…). Cette hypothèse a le mérite de réunir les avantages liés au dégagement partiel de la vue sur la Loire et la préservation d’un patrimoine industriel qui a son intérêt et peut devenir, dans cette optique, un objet architectural fort et emblématique du paysage nantais.

Quelle que soit la solution choisie, le débat questionne en filigrane le rapport au fleuve. Conclusion de l’urbaniste : « Ce ne sera pas une solution par défaut, car elle aura été argumentée, analysée, débattue. Il s’agit d’éclairer un débat à multiples entrées, pour accompagner une décision politique, prise dans l’intérêt collectif. »

>> Les 3 hypothèses :

>> Consultez la plaquette :

>> Prochain rendez-vous : jeudi 29 mars à 18h30 au Centre des Salorges de la CCI Nantes/Saint Nazaire (accès rue Bisson) pour la table ronde : « Réflexion et partage autour des futurs usages du site »

>> Tout savoir sur la démarche de concertation et contribuer en ligne sur Nantes & Co

 

Mise à jour le 11 avril 2018

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