Le projet Doulon-Gohards entame une nouvelle étape. Elle a pour objectif de poursuivre la dynamique engagée autour de la « Ville Fertile », tout en s’adaptant aux défis de demain. Une nouvelle équipe de maîtrise d’œuvre (MOE) menée par l’Atelier Georges, paysagiste et mandataire et laq, urbaniste, a été désignée et un nouveau plan-guide redéfinit les priorités du projet.
La nouvelle équipe de maîtrise d’œuvre a travaillé au plus près du quartier pour élaborer le nouveau plan-guide, avec des rencontres avec les habitantes et les habitants et une exploration minutieuse du quartier. Elle se fixe comme objectif d’être à la hauteur des responsabilités environnementales (eau, biodiversité, sols, climat…) et propose un nouvel équilibre entre habitat, espaces naturels et projet agricole. L’objectif est d’accélérer la transition écologique, dans un quartier historiquement populaire qui restera accessible au plus grand nombre.
La nature et l’agriculture au cœur du projet
La mise à jour des études a permis d’approfondir la connaissance de la qualité des sols et de repérer plus précisément les terres fertiles et les espaces naturels à préserver. Les espaces naturels passent de 100 à 110 hectares et 6 hectares seront protégés pour l’agriculture.
« Le développement des fermes, des espaces publics et la réhabilitation de sites naturels comme le ruisseau des Gohards et les zones humides vont permettre aux habitantes et aux habitants de se réapproprier des usages historiques du quartier », souligne Aline Cauchy de l’Atelier Georges.
Un équilibre entre espaces naturels, espaces urbanisés et qualité de vie
« Nos arpentages dans le quartier et les études des sols et milieux nous ont permis de comprendre le site et ses évolutions. Dans une démarche de sobriété foncière, nous avons proposé de diminuer les emprises constructibles pour laisser plus de place à la nature et aux terres agricoles », explique Vanessa Merrien de l’agence laq.
Le nouveau plan guide concentre ainsi l’urbanisation autour de la rue de la Papotière, axe central du projet, entre Vieux Doulon et la route de Sainte-Luce-sur-Loire. Le quartier accueillera 2 300 logements neufs.
Le projet permettra également la rénovation de logements déjà existants pour les rendre plus agréables et plus adaptés aux modes de vie actuels et au climat. Chaque secteur proposera différents logements aux formes et aux typologies variées et adaptées à l’environnement proche et existant.
Plusieurs manières d’habiter et le choix des déplacements actifs
La nouvelle équipe propose plusieurs formes d’habitation. « Nous avons imaginé des maisons en bande (longères et maisons à patio), de l’habitat superposé avec un balcon pour les logements en étages et un petit jardin pour les logements en rez-de-chaussée, ou encore, des habitations en béguinage (NDLR : 10 logements organisés autour d’un jardin et d’espaces de vie partagés) », détaille Vanessa Merrien.
L’objectif est d’offrir des logements adaptés à tous. Les bâtiments seront construits avec des matériaux bio-sourcés (bois, paille, béton de chanvre…) et équipés de grands locaux à vélo. Le stationnement des voitures sera regroupé dans des parkings en silo plus écologiques que des parkings sous-terrain. Intégrés au paysage, leur usage pourra évoluer au fur et à mesure de l’arrivée des transports en commun dans le quartier.
Les modes de déplacements actifs seront privilégiés au bénéfice de la santé et d’un environnement apaisé et durable. De nombreux espaces et chemins seront réservés aux piétons et aux vélos. Ils permettront de donner un accès direct aux équipements, comme l’école Claire Bretécher, la future crèche nature ou le Port des Arts Nomades (PAN), mais aussi de flâner pour (re)découvrir des espaces naturels préservés et restaurés.
Conserver l’esprit de « bourg »
« Pendant les concertations et les échanges avec les habitantes et les habitants, nous avons constaté un attachement très fort à l’esprit de “bourg”. Doulon est un quartier populaire avec une belle mixité. Cela nous paraît important que celles et ceux qui vivent déjà dans le quartier comme celles et ceux qui vont y arriver trouvent leur place et puissent vivre ensemble », insiste Aline Cauchy.
L’offre commerciale et de service du Vieux-Doulon sera amplifiée et adaptée aux besoins d’aujourd’hui. Son accessibilité à pied, en vélo et en bus sera améliorée afin de l’apaiser. « En complément, nous envisageons un autre petit lieu de vie autour des équipements de la Papotière, entre Sainte-Luce et le bourg, qui offre des services en bas de chez soi. De plus, de nouvelles “cours actives” permettront l’installation de petites entreprises artisanales en lien avec les activités du quartier. Des services pourront aussi être accueillis dans les rez-de-chaussée des immeubles collectifs », ajoute Vanessa Merrien. Un ensemble de propositions qui favorisent la vie de quartier.
« Le plan d’intention 2025 est une première étape. Des temps de concertation avec les habitantes et les habitants sont en cours », rappelle Aline Cauchy.

